Au Printemps, il n'est pas de salle de meeting, pas de place de grande ville où on ne l'ait entonnée. Plus fort que la Danse des Canards ou la Lambada, le seul véritable tube, cette année, est bel et bien la Marseillaise, le "Chant de guerre pour l'Armée du Rhin", que tout le monde chante à tue-tête, sans généralement en connaître les six couplets (il vaut mieux, d'ailleurs, car, à la différence de nombre d'hymnes nationaux, la Marseillaise est un chant de guerre sanguinolant et un véritable appel au massacre).
Curieusement, l'histoire de notre hymne ne commence pas à Marseille, mais en Alsace, où il a été écrit en avril 1792 par le capitaine du génie Claude-Joseph Rouget de
l'Isle, en hommage au maréchal Luckner. C'est donc à l'Hôtel de ville de Strasbourg que la future Marseillaise est interprétée pour la première fois, en présence de Dietrich, le maire de la
ville.
Parallèlement, le maire de Marseille, Mouraille, invite le 24 juin suivant ses concitoyens "animés du patriotisme et de l'amour de la liberté" à constituer un bataillon pour marcher sur Paris. Dans la salle du Jeu de Paume, située rue Thubaneau à Marseille et où se réunissent les membres de de la Société des Amis de la Constitution, un médecin montpelliérain, Etienne-François Mireur, chante les couplets de Rouget de l'Isle.
C'est l'enthousiasme,et le bataillon de 500 Marseillais en fait son chant de marche. Vingt-huit jours durant, armé de deux canons, il rallie Marseille à Paris en entonnant sur son passage ce qui ne tarde pas à être le "Chant des Marseillais", puis notre Marseillaise.
Thierry Cayol
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